Epidémiologie

 

L'endométriose est une maladie chronique méconnue qui affecte pourtant 10% à 20% des femmes en âge de procréer.

 

Les estimations parlent de 2,1 à 4,2 millions de femmes atteintes en France

(estimations faite d'après le bilan démographique publié par l'Insee en 2013),

de 14 millions en Europe, et plus de 180 millions dans le monde.

 

40% des femmes atteintes d'ndométriose ont des troubles de la fertilité.

20% de ces femmes présentent une ou plusieurs maladies co-existantes.

Définition

 

L’endométriose se caractérise par la présence de tissus semblables à l’endomètre (muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus) en dehors de la cavité utérine, c’est-à-dire sur les différents organes pelviens  comme le péritoine, les ovaires, l’intestin ou la vessie.

 

Plus rarement, ce tissu endométrial peut se retrouver sur d’autres organes comme les poumons, les reins ou les cicatrices cutanées.

 

Ces foyers, en dehors de l’utérus, réagissent eux aussi aux fluctuations hormonales survenant lors du cycle menstruel. Sous l’influence de ces fluctuations, ils s’épaississent, saignent mais ne peuvent être évacués par les voies naturelles lors des règles. 

Cela provoque aux endroits où ils se trouvent, des lésions, nodules ou kystes ainsi que des réactions inflammatoires avec formation de tissu cicatriciel et d’adhérences entre les organes avoisinants.

 

L'INSERM (Institut National de Santé et de Recherche Médicale) a défini l'endométriose dans son dossier thématique

“Dossier réalisé avec la collaboration du Dr Daniel Vaiman, Unité de Génomique, épigénétique et physiopathologie de la reproduction - U1016 Inserm-UMR 8104 CNRS, Institut Cochin, Paris - Novembre 2013 Dossier réalisé avec la collaboration du Dr Daniel Vaiman, Unité de Génomique, épigénétique et physiopathologie de la reproduction - U1016 Inserm-UMR 8104 CNRS, Institut Cochin, Paris - Novembre 2013 »

 

Les recommandations de 2006 du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens de France (CNGOF)

 

 

Un retard de diagnostic important

 

Sous l’influence de nombreux tabous liés aux règles et à la douleur féminine, les femmes tardent souvent à consulter. Parallèlement, les médecins généralement peu formés à cette pathologie, ont tendance à sous-estimer les douleurs des patientes et à leur prescrire des pilules qui peuvent masquer les symptômes de la maladie.

 

Il en résulte un délai de 6 à 10 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic de la maladie. Ce diagnostic est souvent posé quand la femme arrête sa pilule pour tomber enceinte et se retrouve confrontée à de fortes douleurs ou quand le couple doit entrer dans une démarche d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

 

Le diagnostic :

Un gynécologue spécialiste peut suspecter une endométriose et sa localisation grâce à l’examen gynécologique classique et l’écoute des symptômes décrits par la patiente.

Les principaux examens radiologiques pouvant aider le diagnostic sont : l’échographie, l’IRM, l’écho-endoscopie rectale et le scanner.

Il est capital que ces examens soient réalisés et interprétés par des radiologues ayant une expérience de cette maladie.

Souvent pratiquée en dernier recours, une cœlioscopie exploratrice (examen pratiqué sous anesthésie générale) peut être demandée par le médecin.

 

Les causes

 

L’endométriose reste encore une maladie énigmatique et mystérieuse dont on ne connaît pas précisément les causes bien qu’ayant été découverte depuis 1860.

 

Les principales pistes évoquées sont la "théorie du reflux du sang" au moment des règles et les déséquilibres hormonaux(excès d’œstrogènes, résistance à la progestérone…).

 

L’endométriose ne nous a pas encore livré tous ses secrets !

 

Les pistes de recherche

 

En plus des pistes évoquées précédemment, des équipes médicales et de chercheurs travaillent actuellement sur d’autres pistes encourageantes pour mieux comprendre les mécanismes de l’endométriose et notamment sur les :

 

- facteurs génétiques (mutation d'un gêne, test sanguin de diagnostic, multiplication du risque si la mère/la sœur sont atteintes…)

 

- facteurs immunitaires (marqueurs de l’inflammation, affaiblissement du système immunitaire, lien avec d'autres pathologies...)

 

- facteurs environnementaux (impact des toxines, dioxines et des perturbateurs endocriniens dans l’environnement, l’alimentation, les produits d’hygiène féminine....)

- liens avec le développement tumoral (mécanismes de prolifération des lésions, biomarqueurs  spécifiques, rôle du stress oxydatif –qui ne doit pas être confondu avec le stress psychologique comme le précise l’INSERM dans son article ICI)

 

Les traitements

 

Sans pour autant apporter une guérison, il existe deux types de traitement de l'endométriose : le traitement médical et le traitement chirurgical.

 

Traitement médical

 

Au-delà du traitement antalgique adapté à chaque patiente (du paracétamol à la morphine), le traitement hormonal peut s'avérer efficace pour canaliser les crises de douleurs des patientes.

 

Les médicaments utilisés sont des contraceptifs œstroprogestatifs, des progestatifs ou des analogues de la Gn-RH. Ils sont pris généralement en continu de façon à bloquer l'apparition des règles.

 

Les analogues de la Gn-RH sont des médicaments injectables qui mettent la patiente dans un état deménopause artificielle et qui peuvent provoquer des effets secondaires importants (ostéoporose, bouffées de chaleur, vertiges, nervosité, ...).

 

Ils sont utilisés comme traitement hormonal pour les personnes souffrant de cancers.

Leur prescription ne devrait pas être prolongée au-delà de 1 an mais ces consignes sont rarement respectées pour les femmes souffrant d'endométriose.

En effet, bien que non-mortelle, l'endométriose est une maladie chronique qui durera jusqu'à la ménopause définitive de la femme.

 

Les traitements médicaux ont donc leurs limites : les effets secondaires, l’absence de réponse positive de la patiente au traitement après un certain temps... Certains d'entre eux sont très controversés (pilules de dernière génération, analogues injectables...)

 

Ces traitements sont tous des contraceptifs, ainsi le désir de grossesse ne peut être réalisé.

La femme doit alors choisir entre souffrir en essayant d'avoir un enfant et vivre le moins de douleurs possibles mais renoncer à un enfant. 

 

Bien sûr, les femmes savent qu'elles peuvent devenir parents autrement, notamment par l'adoption. Mais de nos jours, cela est un bien triste choix, du fait que la femme devrait être libre d'avoir une grossesse naturelle comme d'avoir le choix de l'interrompre.

 

Endométriose et contraception

 

Il existe un lien étroit entre l’endométriose, les règles et le système gynéco-reproducteur.

La contraception peut permettre de régulariser les cycles et de diminuer l’abondance des flux. Les règles peuvent être ensuite supprimées par la prise d’une pilule en continu, dont l’action progestative permet alors de limiter les douleurs ainsi que le développement des symptômes de l’endométriose. Les contraceptifs vont ralentir l’évolution de la maladie mais l’endométriose peut continuer à progresser et faire des dégâts sur les organes. Selon la composition des contraceptifs prescrits, il est important de signaler que la présence d’œstrogène tend à favoriser le développement des cellules d’endométriose. De façon optimale, la prescription devrait être établie après un dialogue approfondi entre les patientes et leurs spécialistes et des examens adaptés. Cette prescription qui peut permettre de ralentir l’évolution de la maladie et de diminuer les douleurs, doit être associé à un suivi régulier par un médecin expert. Là encore chaque jeune fille/ femme réagit différemment aux traitements et la meilleure solution doit être trouvée pour chacune.

 

 

Traitement chirurgical

 

La chirurgie est recommandée quand le traitement médical n’est plus efficace à calmer les douleurs de la patiente ou lorsque les lésions sont devenues trop envahissantes.

 

Aujourd'hui, la cœlioscopie et les techniques micro-invasives sont privilégiées. Malgré tout, dans certaines situations, une laparoscopie peut-être nécessaire.

 

Il n'existe pas de consensus officiel sur la question mais de plus en plus c'est la cœlioscopie avec résection de toutes les lésions endométriosiques qui est choisie par les équipes spécialistes les plus avancées.

 

Les ovaires sont de moins en moins opérés dans la mesure où les médecins estiment ainsi préserver au mieux la fertilité des patientes.

 

Dans les centres "à la pointe", les patientes sont informées en amont de ce que l'opération implique, elles ont le temps de s'y préparer, de réaliser tous les examens nécessaires et de préparer leur convalescence.

Les décisions d'opérations sont discutées par des équipes pluri-disciplinaires (gynécologie, digestive, urologie...).

Ce sont des opérations lourdes nécessitant plusieurs heures d'intervention.

La balance bénéfice/risque doit être favorable pour la patiente et les conséquences post-opératoires ne doivent pas être négligées.

 

Mais chaque femme réagit différemment à la maladie, il n'existe pas une mais des endométrioses. Il en va de même pour les capacités de récupération post-opératoires.

 

L'absence de traitement spécifique

 

Comme vous l'aurez compris, il n'existe donc pas de traitement spécifique à l'endométriose.

 

Les traitements hormonaux (progestatifs - analogues) et les techniques chirurgicales sont à l'heure actuelle largement inspirés des méthodes utilisées en cancérologie. 

 

L’accompagnement des patientes commence tout juste à se structurer et à se développer  sur le modèle de la prise en charge de la douleur chronique

 

Pistes non médicamenteuses

 

Aussi, les pistes naturelles peuvent être tout à fait utiles dans la gestion de la douleur (pain management) et/ou de l’infertilité.

Modifier son alimentation peut être une aide importante contre les symptômes. Les patientes ont pu observer une amélioration de leur condition physique en adoptant une alimentation anti-inflammatoire, ou en diminuant et/ou évitant le gluten ou les produits laitiers. Ces modifications seront à adapter pour chaque patiente, selon les atteintes. Toutefois, il est important de préserver une alimentation diversifiée pour éviter les carences très préjudiciables pour la santé.

 

Sans pour autant parler de guérison, une grande majorité de femmes témoigne par ailleurs avoir ressenti un réel bénéfice dans les prises en charges paramédicales (Kinésithérapie, Nutrition) et/ou alternatives comme par exemple :

* Ostéopathie

* Homéopathie

* Phytothérapie & gemmothérapie

* Naturopathie

* Acupuncture

* Médecine chinoise

* Sophrologie

* Cures Gynécologiques

* Hypnose…

 

Citons aussi le rôle que peuvent jouer une activité sportive, une activité créative ou artistique, ou encore la présence ou médiation animale…

 

Une consultation et un suivi avec un médecin ou professionnel formé à l’une ou l’autre de ces méthodes est fortement recommandé (ne pas se lancer seule). Informez-en votre gynécologue référent pour l’endométriose. Quoiqu’il en soit, ces méthodes ne se substituent pas aux traitements hormonaux.

 

 

Pour conclure, chaque femme réagit différemment à la maladie. Il n’existe pas une mais plusieurs endométrioses.

Les femmes doivent fréquemment passer par une longue période d’errance médicale avant de mettre un nom sur la maladie dont elles souffrent. Les traitements actuellement proposés soulagent leurs douleurs, préservent au mieux leur fertilité mais ne les guérissent pas de l’endométriose.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour obtenir un diagnostic précoce et trouver le traitement efficace spécifique à l’endométriose.

http://www.info-endometriose.fr/